• Epica - Pirates of The Carribean

    C'est fini.

    Finis les pleurs et le désespoir.
    Fini surtout de laisser faire. Fini de faire les choses à moitié.
    Fini de faire comme si tout ça n'était qu'un jeu.
    Jamais fini d'hésiter, jamais fini de se remettre en question, mais cette fois j'avance.
    Ca ne m'avait pas paru évident quand la police est allée me chercher, ça ne m'a toujours pas paru évident quand mes parents veulent que j'attende.
    Aujourd'hui, tout ça, c'est fini.
    Aujourd'hui, ça y est, je ne fuis plus, j'avance, et mon ancienne vie est derrière moi.
    Aujourd'hui je fais ce que j'ai à faire, et chaque obstacle n'est pas à prévoir ou à tenter d'éviter mais à combattre s'il se présente.

    Aujourd'hui je suis plein d'énergie et de courage. Aujourd'hui il y a des individus à qui je dois prouver certaines choses. Aujourd'hui je n'attends plus quand il n'y a rien à attendre.
    Aujourd'hui c'est la dernière fois que consciemment je manque de couilles. La dernière fois que je m'aveugle en ayant peur. La dernière fois que je joue au zombie. La dernière fois aussi que je fais semblant, la dernière fois que j'ai conscience d'être mal mais que je ne fais rien pour le changer.
    Aujourd'hui,je suis un guerrier.


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  •  

    Thomas, près de moi, parle avec un ami de son départ.
    Il dit à propos de ses parents : "Je ne vais pas souffrir pour qu'eux aient un semblant de sécurité."

    Je pense pareil. Si je sais qu'ils souffrent, je sais aussi que je n'y peux rien, et ce sentiment d'impuissance me fait mal. La souffrance d'un autre, quel qu'il soit, ne m'a jamais laissé indifférent, et c'est peut-être même pour cette raison que j'en suis venu à penser ce que je pense. Rentrer et aller dans les locaux trop propres des Gobelins n'est absolument pas une solution, et quiconque le prétend s'imagine qu'être enfermé à travailler contre sa volonté ne provoque que peu de souffrance. Puisque j'ai décidé que je ne m'y enfermerais pas seul, je m'oppose à quiconque veut le faire à ma place.

    Si je veux partir sur les routes, c'est par recherche d'une vie pleine d'aventures et de liberté. Mon trop-plein d'énergie vitale déborde, et il n'est pas question de le laisser se morfondre dans les sombres substituts de cette civilisation, jeux vidéo ou films à s'en faire exploser les globes oculaires.
    On me dit que je ne suis pas raisonnable, responsable. Et bien, non. Effectivement.
    Admettre que la vie puisse être basée sur la raison, c'est détruire toute possibilité de vie.

    Je veux devenir un wanderer, le voyageur, l'errant libre de toutes entraves. Je veux vivre en riant, marcher en dansant, mépriser le lendemain. Grimper dans les arbres, courir sur les routes délaissées, danser en haut d'une montagne, me baigner dans un ruisseau clair, dormir au fond d'une vallée. Certes, je ne serai pas capable de vivre en autarcie complète, pas encore. Je ne serai pas un primitif ou un sauvage, du simple fait que je serai souvent seul. Je me souviens d'Ismael dansant en riant sur les routes du sud de Brest, de nous délirant en se foutant de la direction, et cette pensée me réjouit.

    Je veux parcourir la Terre, savoir vivre partout, marcher pieds nus sur le sable d'une plage où mon bivouac installé m'attendra pour la nuit.
    Je ne peux pas rester chez moi à apprendre entouré de livres et de manuels pour la vie sauvage. Je veux vivre, voyager léger, rencontrer des gens et visiter les éco-villages ou les lieux en autarcie, apprendre de ces gens et de leur savoir, connaître, comprendre. Me découvrir moi-même, discuter seul, même si je commence entouré. Sur la route, on est souvent seul, même si d'autres vagabonds sont de l'autre côté du chemin.

    J'aimerais que chacun s'éloigne de la pyramide qu'est ce monde, mais je suis trop amoureux de la liberté, de l'individu, pour imaginer imposer cela à quiconque. Tout ce que je peux faire, c'est devenir ce que je souhaite, prouver à tous et surtout aux jeunes que je connais qu'on peut réaliser ses rêves, que travaille consomme crève n'amènera jamais le moindre confort mental réel, que l'on peut refuser de vivre sur des milliers de morts, parler de ce que je pense et que j'ai fait. Voilà ce que je peux et vais faire.

    Et pendant que j'écrivais ce texte, la police est allée chercher Thomas. Repéré, traqué. Au poste.

    Quoi qu'il en soit, la police de cet Etat ne me fait pas peur. J'ignore les lois et n'en tient aucun compte.


    Hit the road, Jack, and don't you come back no more...


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  • Je veux marcher, courbé sous le soleil d'Enfer de l'Ardèche en plein été. Je veux entendre le chant des cigales pendant que ma peau chauffe sous le ciel sans tache. Je veux dévaler des sentiers rocailleux au milieu des pins, sentir l'odeur des pêches et des abricots sur les marchés, m'arrêter en haut d'une falaise et contempler la rivière en contrebas. Je veux plonger du haut d'un rocher, mon vélo posé sur les pierres plates et mon sac accroché en haut d'un arbre surplombant l'eau.

    Je veux courir sur les plages de Bretagne, avec les cris des mouettes résonnant à mes oreilles. Je veux parcourir les abords de la mer et sentir le vent siffler à mes oreilles. Je veux observer les bateaux de pêche, marcher dans les ruines d'une vieille tour, m'allonger au pied d'un menhir posé au hasard d'une plaine de rocailles. Je veux faire cuire ma nourriture sur un feu crépitant, perdu au milieu de la forêt de Brocéliande.

    Je veux vagabonder parmi les fleurs de Normandie, voir les cargos quitter le Havre assis sur une plage à l'embouchure de la Seine. Je veux marcher aux côtés des vaches et des prés. Je veux sauter par dessus de vieux barbelés et somnoler sur une plage immense et vide.

    Je ne veux pas m'endormir sur un siège de métro parisien. Je ne veux pas écouter la voix sortant des hauts-parleurs du RER, la dernière publicité du gouvernement français vantant la réforme des retraites. Je ne veux pas marcher dans les rayons d'un supermarché. Je ne veux pas m'enfermer tout seul dans les tristes locaux gris d'une école professionelle alors que je fuyais justement l'Education Nationale.  

    Nous sommes réellement dans un État totalitaire qui vante ses propres lois sur des radios publiques. Qui enferme des jeunes sans preuves. Qui tue et surtout, empêche de vivre.
    Je ne veux pas être ici. Même si cet État règne aussi partout ailleurs, ici, j'ai peur.

    Je voudrais courir sur les plages de galets d'Ardèche mais je la sens s'éloigner de moi, à la façon d'un mirage qui reste toujours aussi inaccessible malgré les efforts. Je voudrais pédaler sur les routes de Bretagne mais elles ressemblent déjà aux tristes routes de la banlieue parisienne urbanisée. Je voudrais marcher sur les chemins de Normandie mais les HLMs les bordent déjà.

    En réalité, je l'avoue ; réussir à me libérer de ce Monde ne me suffit pas.
    Je le dis, nous sommes foutus, nous ne nous libérerons pas. Nous ne serons jamais libres.
    Nous sommes comme ces animaux nés en zoos, des ombres de singes et de fauves. Avant même de naître, ils sont morts. Ce ne sont que des copies pâles d'animaux, atrophiés, mutilés. N'ayant jamais connu la liberté, ils ne fuient pas même si l'on ouvre la porte de la cage : la peur insurmontable d'une liberté inconnue.
    La peur.
    Nous nous battrons pour les humains qui suivront. Nous essayerons d'être libres, mais nous serons à jamais désespérés car nous savons déjà que nous ne le serons pas...
    Nous ne serons pas libres, soit. Mais nous ne nous contenterons pas de votre Monde, et nous ne l'accepterons pas.

    SMOKING KILLS.
    SMOKING KILLS.
    SMOKING KILLS and so does Mr. President.


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  • Aujourd'hui j'ai pleuré.
    J'ai vu parler dans un film-documentaire un meurtrier comme jamais l'humanité n'en aurait conu il y a cent ans, un meurtrier légal, comme il y en a toujours eu. Un meurtrier qui est à la fois un donneur de millions de morts, et un symbole de réussite sociale.
    Un PDG.
    Ou comment se faire passer pour un libéral quand on n'est qu'une machine de mort dont chaque mot dégoulinant de ce qui lui sers de bouche pue tel le charnier que laisse l'industrie qu'il gère dans les pays qu'il a investit.
    Peter Brabeck.
    Lucide, pourtant. Fier défenseur du développement des pays pauvres, bien entendu.

    Nestlé, comme il dit, a bien plus aidé les pays pauvres que ne le feront jamais les dons inutiles des ONG aux idées extrêmes : vous rendez-vous compte, ces ONG défendent l'idée extrême de l'accès à l'eau pour tous !
    Putains de gauchistes.

    Je ne défends pas ces ONG. Moi non plus.
    Donner de l'argent et de la bouffe n'a jamais rien changé et ne changera jamais rien.
    Ce sont les idées qu'il nous faut attaquer, les idées qui semblent découler des cours de Sciences Po et de l'ENA. La logique libérale qui, je l'imagine parfaitement, fait qu'un homme sortant de ces écoles avec le moindre rêve est perçu comme un réactionnaire par les autres dirigeants, un ennemi du Progrès.

    Créons des richesses ! Libre échange !

    Créer des richesses...
    Aujourd'hui l'agriculture mondiale peut nourrir sans aucun problème 12 milliards d'humains. Je ne vais certainement pas me lancer dans ce genre de statistiques adulées par les altermondialistes qui demandent à l'Etat d'empêcher les méchants Capitalistes aux chapeaux haut-de-forme d'exploiter la planète : revenons à une exploitation modérée ! Une faim moins criante ! Un peu plus d'eau ! Ou alors moins de films-spectacles !
    Laissez-nous un Monde dans lequel nous, étudiants, pourrions diriger sans trop de mauvaise conscience !
    Nous râlons, nous sommes bougons, c'est un peu dommage de devoir se tuer pour diriger. Enfin, passé la crise, nous le ferons quand même.

    Il n'empêche que nous produisons le double de nourriture nécessaire à l'alimentation de la totalité des êtres humains, c'est un fait.
    Et ils voudraient créer des richesses. But affabulateur, Profit vainqueur, nous n'accepterons jamais une telle chose.

     Le libre échange est un formidable mensonge qui me ferait rire s'il n'accaparait déjà pas mes larmes de rage.
    Quel liberté, quelle justice y'a-t-il dans un échange entre Coca-Cola et un syndicat colombien ?

    Quelle justice y'a-t-il quand le blé de l'Europe provient en majorité de l'Inde alors qu'une petite moitié de la population indienne souffre de la faim ?

    Votre société si parfaite, qui se veut accessible, qui se veut incroyablement confortable, n'est qu'un ramassis de monstruosités que l'on peut gouverner, si tant est que l'on est un cynique ou un rampant.

    C'est parce que les privilégiés, les libéralistes, n'ont pas compris le lien direct de leur jouissance et de la souffrance des peuples, que lorsque dans une grande propriété des Seychelles, une bande de jeunes garçons excités égorgera à la machette un bel homme bronzé aux UVs et aux dents brillantes, il se trouvera toute une fange de gens dans l'incompréhension la plus totale, devant l'assassinat de cet homme si bon, si doux, qui donnait quelques dizaines d'euros aux habitants des bidons-villes de Haïti chaque mois.
    Car il se trouvera un jour où, fatigués d'osciller entre les discours mortifères des dirigeants cyniques et les textes désespérés d'intellectuels occidentaux impuissants à faire la moindre chose, les opprimés du monde entier soulèveront leurs corps élimés par des vies de manque et s'en iront sortir les fourches et les clefs à molette, en les saisissant d'une façon singulièrement différente de d'habitude.


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  • A la mode Anaryax, je mets mon bulletin scolaire, parce qu'après m'avoir désespéré, au final, en y réfléchissant, il me plaît bien.

    BULLETIN DU TROISIÈME TRIMESTRE.


    FRANCAIS : 9,2. Des résultats qui, encore une fois, ne signifient rien dans la mesure où ***** refuse de traiter un devoir et bâcle les autres.

    Oui, je refuse toujours de répondre à ses interrogations de lecture, parce que je refuse de lire ses livres imposés. J'en ai lu quelques uns quand ils m'intéressaient et j'ai répondu à certains contrôles pour que l'insoumission ne m'empêche pas d'aller en bac pro, mais sans plus. Oui, je bâcle, je suis paresseux face à l'inutile.

    HISTOIRE GÉOGRAPHIE : 3,0. DES DIFFICULTÉS ET DES PROBLÈMES IMPORTANTS. ECJS:E!....EN CONFLIT TOTAL AVEC L'ECJS.

    Je vous retranscris exactement le commentaire. Non, moi non plus je ne comprends pas le "ECJS:E!...."au milieu. Il faut dire qu'on lui en a fait baver, ce prof étant un fou (ou justement un prof qui vit son époque ?) castrateur avéré et assumé, monarchiste, antisémite et adepte de la théorie du complot franc-maçonnique et israélite (sans rire...). Après l'agression par un pote dans sa salle, les avions, les dessins sous son nez au tableau, les gens qui se lèvent pour éteindre la télévision quand il l'allume et les concours de pompes sur son estrade, je comprends qu'il m'en veuille un peu...Surtout quand je m'oppose à sa vision ignoble du monde, une vision exactement à l'inverse de ce que j'aime.
    Je vous offre quelques perles : "Si vos parents ne vous ont pas puni et battu, ils ont eu terriblement tort" dit sur un ton énervé qui ne laissait aucune place à l'humour.
    "Votre scolarité est finie, je mets un mot dans votre dossier et votre carnet ouvrier, et vous n'aurez plus aucun emploi ni études."
    "Les pauvres, on leur donne, comme moi. On me donne. Je reste humble face aux puissants. Entre pauvres, on se comprend, hein ?"
    "Oui, ce sont des riches. Oh là ! Non, je ne vous conseille pas de faire la moindre remarque sur lui si vous alliez à un de ses diners, ou alors ne prenez pas la voiture ensuite. Des accidents sont vite arrivés, hé hé hé...Hum."
    "Les bourgeois payent pour ne pas aller à la guerre, et les pauvres y vont pour piller. Tout le monde est content."
    "Les noirs, en Amérique, descendent des montagnes."
    "Le problème, dans ce système, c'est les juifs."
    "Non, le régime de Louis XIV n'est pas totalitaire. C'est un régime sé-rieux."
    Non, il ne s'agit pas de blagues, malheureusement.

    ANGLAIS : 14,2. C'est bien, sans que ***** ait fait son maximum : capable de très bien réussir dans la matière, une réelle finesse littéraire.

    C'est quoi, "réussir", à la fin ? Avoir des notes supérieures à 15 ? Je ne pense pas qu'elle parle de faire un métier de traducteur ou des études anglophones, alors c'est quoi "réussir" ? Réussir quoi, merde ? Réussir à bien faire tous ses exercices ?

    ALLEMAND : 7,8. Résultats insuffisants. ***** semble s'être désintéressé de l'allemand ce trimestre. Le travail fut moins sérieux et l'attitude très passive.

    Cool. De toute façon j'arrête l'année prochaine, pas par choix. Et la seule raison qui m'aurait fait travailler l'allemand aurait été de parler cette langue pour faciliter des voyages en Allemagne. Vu que de toute façon je ne le parlerais pas, à quoi bon ?

    LATIN : 12,0. Peu d'investissement en latin. ***** est un élève avec de fortes capacités qui doit réussir s'il le décide !

    Ca m'a fait rire. Elle a cette espèce de moue de dépit de l'ancienne adolescente consciente, qui a eu des rêves mais s'est résignée...du moins, c'est comme ça que je l'interprète, quand je dit une chose ou une autre qui ne va pas avec ses idées purement scolaires et méritocrates de gauchiste.
    Cette prof nous a donné la "clef du bonheur" le dernier cours de l'année.
    En gros, "même si avoir un travail qui nous plaît et un gros salaire ça aide, c'est sûr, et c'est aussi pour ça qu'il faut travailler", la clef du bonheur c'est "quand on veut quelque chose, on doit tout faire, absolument tout, pour y arriver".
    Là dessus je suis d'accord, même si je sais que cette prof n'y mettra pas le même sens. Nous ferons tout, absolument tout, pour ne pas reproduire vos conneries, et pour être libres, envers et contre tout.
    Cette prof voudrait que je décide de travailler pour réussir mes études. Haha. Hahaha.
    Et d'ailleurs, je "n'investirais" mon temps nulle part dans vos actions scolaires, le cours de l'Ecole va se casser la gueule.

    MATHEMATIQUES : 11,1. Résultats convenables, sans plus. Des capacités non exploitées !

    Rien à foutre. Exploiter pour quoi faire ?


    PHYSIQUE-CHIMIE : 11,9. De moins en moins d'investissement dans la matière. Résultats en nette baisse.


    Cool aussi. Savoir mélanger C2H4 et O2 ne m'intéresse pas. Si encore on étudiait un mélange explosif...

    SCIENCES VIE & TERRE : 13,0. Des résultats écrits satisfaisants.

    Si ça vous satisfait, alors c'est bien, soyez satisfaite. Moi je ne le suis pas, j'aurais aimé approfondir les OGM au lieu de travailler les planètes et les couches spaciales.

    ED. PHYSIQUE & SPORT : 13,0. Ensemble satisfaisant.

    Tu parles. J'ai rien foutu et ma note a baissé de 4 points.

    APPRECIATION GLOBALE : Des résultats tout à fait convenables dans nombre de disciplines mais ***** refuse le cadre scolaire.

    Oui. Exactement.


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